Club de golf Trois-Saumons
Une œuvre d'art sculptée par ses membres
Source : Golf
International (vol. 11, no 4,)
Extraits de l'article de Pierre Gingras (Mai 2002)
Situé à Saint-Jean-Port-Joli, le Club de golf
Trois-Saumons est à l'image de la région : sculpté,
tissé et forgé avec précision, amour et passion.
Un relais gastronomique réputé, la ville de
Saint-Jean-Port-Joli est considérée comme un
endroit culturel et historique reconnu, une destination
incontournable sur la route menant les voyageurs vers
l'océan Atlantique. Surnommée la « capitale des
métiers d'arts », la ville est passée maître dans
l'art de bien accueillir ses visiteurs.
Le Club de golf Trois-Saumons ne fait pas exception à
cette règle. C'est d'ailleurs ce qui avait retenu mon
attention lors de ma première visite au club de golf. il
y a quelques années. Cette constatation a été maintes
fois observée lors de futures escapades.
Rien pour minimiser les efforts des autres clubs de
golf en milieu urbains pour bien recevoir la visite,
n'empêche que la région Québec-Appalaches (ailleurs en
province aussi), on retrouve cette chaleur, cette
politesse, cette fierté, cette mentalité différente, et
cette joie de recevoir les touristes. Une façon de faire
que les autres clubs oublient parfois bien
involontairement.
Stressé par la vie trépidante de tous les jours,
excédé par la circulation au ralenti, désabusé par le
bruit assourdissant de la ville et résigné peut-être par
vos contre-performances au golf, vous êtes mûrs pour une
ronde de golf ou deux au Club de golf Trois-Saumons. À
moins que vous combiniez le golf, le vélo et la pêche ?
Pourquoi pas !
Les origines
Avec à sa tête 13 administrateurs provisoires, la
corporation sans but lucratif « Club de golf
Trois-Saumons inc. », dont le but premier était de
construire un terrain de golf à Saint-Jean-Port-Joli, a
été constituée en décembre 1974.
Un an plus tard la corporation se portait acquéreur,
au coût de 13 000 $, des terrains situé à la
limite de l'Islet et Saint-Jean-Port-Joli, et
entreprenait des travaux de déboisement et de défrichage
commandités par la Commission touristique du Port-Joli
Incorporé dont le but était, et est encore aujourd'hui,
de promouvoir l'industrie touristique dans la région.
Jouissant d'un certain appui au sein de la population
locale et bénéficiant du bon vieux « bouche à
oreille », pas moins de 150 personnes
détenaient un certificat de membre actif en 1979, alors
que le terrain n'était pas encore ouvert. En juin 1981,
après l'ouverture officielle du premier parcours de 9
trous, le rêve était devenu réalité. L'aventure s'est
poursuivie en 1987 avec l'ajout du deuxième parcours de
9 trous, et l'embauche d'un professionnel et d'un
adjoint deux ans plus tard. Équipé comme dans les ligues
majeures, le Club de golf Trois-Saumons voyait en 1989
son achalandage subir une majoration de 60%,
comparativement à la saison de 1988. On a fêté avec
éclat les 20 ans du club en l'an 2000.
Le parcours
Ouvert au public et complètement irrigué, le parcours
du Club de golf Trois-Saumons est une normale 73 d'une
longueur de 6508 verges des jalons bleus.
Il présente un relief peu accidenté, particulièrement
plat pour ceux et celles qui préfèrent marcher au lieu
d'utiliser les voiturettes motorisées, mais il est
parsemé de plusieurs obstacles d'eau et de fosses de
sable. Le premier neuf ne vous donnera pas beaucoup de
répit avec ses normales 5 aux premier, quatrième et
neuvième trous, et une « bonne » normale 3 de
210 verges, au cinquième trou.
La deuxième moitié du parcours vous entraînera vers
le trou le plus pittoresque, au 14e, puis vers celui qui
s'avère le plus intéressant pour les longs frappeurs, le
15e, une très longue normale cinq de 577 verges des
jalons arrières. Professionnel en titre au
Trois-Saumons, Bruno Bérubé nous précise sa vision du
parcours.
« Ce n'est pas un terrain compliqué, c'est
encore moins un monstre. Il faut simplement le
respecter, rester concentré et alerte en raison des
nombreux obstacles. Si vous évitez les pièges (obstacles
d'eau, arbres, hors-limite) et que votre décocheur
fonctionne relativement bien sur les normales cinq, vous
aurez une bonne ronde. »
« Les neuf premiers trous sont plus larges, plus
ouverts donc plus faciles. À l'inverse, la
deuxième moitié du parcours est plus étroite avec un
hors-limite sur la gauche ou encore bordée par la
rivière Trois Saumons aux trous 14 et 15. Méfiez-vous
également des vents dominants en provenance de l'Ouest,
qui vous compliqueront l'existence aux trous 4, 5 et 10.
On a beaucoup de feuillus, moins de conifères et un
terrain exposé aux vents, donc pas de mouches ou
presque. »
Les points d'intérêts
Les trous le plus représentatifs du parcours de golf
du Club Trois-Saumons sont justement les 14e et 15e. Le
14e est sans aucun doute le plus pittoresque avec ses
372 verges des jalons bleus. Cette normale quatre coudée
à gauche exigera de votre part précision et stratégie.
Un solide coup de départ de 250 verges au centre gauche
de l'allée vous amènera à 122 verges de votre objectif,
situé en contrebas de 10 verges.
Bordé par un hors limites à gauche et par la rivière
Trois-Saumons qui coule à gauche du vert, il vous
sera impossible d'y rouler. Vous devrez
obligatoirement, à l'aide de votre coup d'approche,
franchir le ravin qui sépare la fin de l'allée. et
l'aire de réception. Heureusement, un plateau légèrement
incliné vers l'avant favorisera la réception de la balle
de celui ou celle qui attaquera ce vert de bonne
dimension. Une beauté en soi.
Place au 15e trou, une normale cinq. Déballez vos
muscles pour espérer réussir la normale sur ce long
trajet de 577 verges, que les gros cogneurs apprécieront
des jalons les plus éloignés. Coudé légèrement vers la
gauche, vous devrez cette fois-ci privilégier le centre
droit de l'allée avec votre coup de départ afin
d'espérer un bon placement avec votre bois d'allée.
Ne vous laissez pas distraire par le paysage, cette
inattention pourrait vous coûter un coup, sinon deux.
Après avoir essuyé quelques sueurs qui auront perlé sur
votre front, vous serez d'attaque au trou numéro 16 pour
une superbe normale trois de 166 verges, puis une
normale quatre coudée à 30 degrés au trou suivant.
Finalement, le 18e trou vous laissera bouchée bée par
son allée en dos d'âne, son lac à droite et ses fosses
de sable sur la gauche.
L'importance des membres
Les membres du club de golf Trois-Saumons constituent
véritablement la force et l'âme du club de golf. Fiers,
accueillants, polis, chaleureux, ils sont principalement
en provenance de la municipalité et des villes
environnantes, mais aussi de l'extérieur. Ces membres
vous accueilleront en plus de vous guider sur le
parcours, histoire d'éviter quelques pièges qu'eux seuls
semblent connaître. La section féminine ne passe pas
inaperçue avec son importante délégation.
La vie sociale du club occupe une grande importance
avec des ligues aux noms évocateurs : des Saumoneaux,
des Couples, sans compter sur de nombreux tournois :
tournoi des quilleurs, du Camping la Demie-lieue, des
gens de l'Islet, des résidants du Lac Trois-Saumons etc...
Les projets
Plusieurs améliorations ont été apportées au fil des
ans au Club de golf Trois-Saumons, dont la rénovation et
l'agrandissement du chalet, qui pouvait accueillir 325
personnes en 1990.
À l'initiative des membres propriétaires de
voiturettes motorisées, l'asphaltage des tous les
sentiers en bordure des allées a été complété au printemps 2002.
Lentement mais sûrement, on remplacera le sable dans
toutes les fosses, on en créera de nouvelles dans les
allées ou à proximité des verts, et certaines
améliorations seront effectuées au drainage de certains
trous.
Depuis la saison dernière, des toilettes doubles
(hommes et femmes) ont été installées au carrefour des
départs des trous 4 et 16, et du même coup près des
verts des trous 6 et 13. Un ajout fort apprécié de la
section féminine.
Plus de 300 ans d'histoire
Fière d'un riche passé, Saint-Jean-Port-Joli a su
mettre à profit l'habileté de ses artistes et artisans à
exploiter des matériaux aussi divers que le bois, le
métal, la pierre, le plastique et le bronze pour
diversifier ses activités économiques.
De l'arrivée des premiers défricheurs en 1677, la
Seigneurie du Port-Joly connaît de nombreuses années de
prospérité, dans la paix et les durs labeurs
campagnards. L'agriculture, l'exploitation de la forêt
(érables et conifères), ainsi que la pêche pemettent de
diversifier les maigres ressources de ces premiers
colons.
Après la déportation de 1755, des Acadiens viennent
s'installer dans les villages de la Côte-du-Sud. Le 16
septembre 1759, le major Scott et ses troupes exécutent
les ordres du Général Wolfe, dont les navires de guerre
ont été aperçus en aval du fleuve.
Les villages de Kamouraska, Rivière-Ouelle,
Sainte-Anne, Saint-Roch-des-Aulnaies, l'Islet et
Saint-Jean-Port-Joli sont incendiés. Ce fut la pire
tragédie de la colonie : le feu a détruit les bâtiments
et les embarcations des habitants. On suppose que la
plupart des sinistrés n'ont pas fui pas la région et ont
passé l'hiver dans des abris de fortune en forêt pour
courageusement reconstruire leur village au plus tôt.
À partir de la deuxième moitié du 19e siècle, la
pénurie des terres agricoles poussera un grand nombre de
jeunes gens de la communauté à l'exode. Ils partiront
pour les villes, les paroisses de colonisation de
l'arrière-pays et, plus tard, s'exileront vers le Lac
Saint-Jean, les États-Unis ou l'Ouest canadien.
C'est en 1858 que Saint-Jean-Port-Joli voit l'arrivée
du train, un premier tronçon du quai 30 ans plus tard.
En 1895, un moulin à scie et un réseau téléphonique
arrivent à Trois-Saumons, sont exploités par la Price
Brothers. L'établissement d'une institution bancaire en
1905 reflète la prospérité de la paroisse. La naissance
de l'industrie automobile en 1906 et l'amélioration des
routes en 1917 permettront l'arrivée des premiers
villégiateurs francophones et anglophones. Le progrès de
ces décennies engendrera le développement touristique
estival de la communauté.
Phénomène culturel unique au Québec
Au début du 20e siècle, trois familles de
Saint-Jean-Port-Joli ont relancé les métiers d'art au
Québec. L'artisanat, issu de leur talent, a permis de
soutenir l'essor touristique de la paroisse lors de la
crise économique des années 1930 et, conséquemment, lui
a valu une réputation internationale.
Dès 1923, la tisserande Émilie Chamard ainsi que les
trois frères Bourgault, réunis dans un même atelier en
1931, sculptent des objets en bois. Eugêne Leclerc
façonne des répliques de voiliers depuis 1927. Tous ces
souvenirs de navigation se matérialisent par une flotte
impressionnante de bateaux miniatures célèbres, tel le
Blue Nose (représenté sur les pièces de 10 ¢).
Au cours des années suivantes, la peinture, la
joaillerie, la céramique, le tournage, l'ébénisterie, la
ferronnerie et autres métiers d'art s'ajoutent aux
disciplines existantes. Dans ce milieu artistique,
certains sculpteurs expérimentent de nouveaux matériaux,
comme la pierre, le métal et la fibre de verre.
Aujourd'hui, les artistes et artisans de
Saint-Jean-Port-Joli, la « capitale des métiers
d'arts », maintiennent cet esprit créatif dont les
oeuvres sont appréciées dans le monde entier.
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